L’odeur de moisi qui s’échappe du tambour vient, dans la grande majorité des cas, du joint du hublot. Ce bourrelet de caoutchouc garde de l’eau stagnante après chaque cycle, et les moisissures s’y installent en quelques semaines. Un nettoyage au vinaigre blanc ou au bicarbonate, un cycle à 60 °C et un hublot laissé ouvert règlent le problème dans la plupart des foyers.

À retenir
  • Le joint du hublot accumule eau stagnante, cheveux et résidus de lessive, formant un biofilm où se développent bactéries et moisissures.
  • Le nettoyage au vinaigre blanc ou bicarbonate du joint, suivi d’un cycle vide à 60 °C, élimine l’odeur en vingt minutes.
  • Laisser le hublot et le tiroir entreouvert après chaque lessive sèche le joint et prévient le retour des moisissures.

Le joint, premier suspect

Le pli du bas du joint garde une flaque en permanence.

Cette poche d’eau reçoit à chaque lavage des cheveux, des fibres textiles, des résidus de lessive et d’adoucissant. Le mélange forme un film gluant, le biofilm, dont se nourrissent bactéries et champignons. Écartez le joint avec les doigts : les points noirs ou verdâtres au fond du pli sont des colonies de moisissures. L’odeur provient des composés volatils que ces micro-organismes libèrent en se développant.

Les habitudes récentes aggravent le phénomène. Programmes éco, lavages à 30 °C, lessives liquides : l’eau n’atteint jamais une température capable de détruire les germes, et le hublot reste fermé entre deux lessives, ce qui maintient le tambour à une humidité proche de la saturation.

Tiroir, filtre, siphon : les autres sources d’odeur

Le tiroir à produits arrive en deuxième position. Lessive et adoucissant s’y déposent dans les compartiments, mais surtout dans le logement situé derrière, que l’on regarde rarement. Une croûte brunâtre ou des points noirs au fond de ce caisson trahissent un entretien négligé.

Le filtre de vidange se cache derrière une petite trappe, en bas de la machine. Il retient pièces de monnaie, épingles, peluches et boue de lessive, qui macèrent dans un fond d’eau tant qu’on ne l’a pas vidé.

Reste le cas du siphon, souvent confondu avec le moisi. Une odeur d’égout, soufrée, qui monte surtout pendant la vidange, relève du raccordement : tuyau mal emboîté, siphon encrassé ou à sec. L’odeur de moisi, elle, se sent porte ouverte, au niveau du joint et du tambour. Pour trancher, humez le joint, puis le tiroir, puis l’arrivée d’évacuation, et notez où l’odeur est la plus forte.

Le nettoyage, étape par étape

Comptez vingt minutes, pas davantage.

Commencez par le joint. Écartez le pli, retirez à la main cheveux et débris, puis frottez avec un chiffon ou une vieille brosse à dents imbibés d’eau chaude vinaigrée (un volume de vinaigre blanc pour un volume d’eau) ou d’une pâte de bicarbonate. Rincez à l’eau claire et séchez soigneusement le pli.

Pour les taches noires incrustées, de l’eau de Javel diluée appliquée sur un chiffon peut venir à bout du reste, à condition d’aérer la pièce et de rincer abondamment. Ne la mélangez jamais avec du vinaigre : la réaction dégage du chlore gazeux, toxique pour les voies respiratoires. Plusieurs fabricants déconseillent par ailleurs l’usage répété du vinaigre pur sur les joints, qui peut les fragiliser à la longue. La notice de la machine indique les produits tolérés.

Sortez ensuite le tiroir, que l’on libère en général en appuyant sur un taquet, et laissez-le tremper dans l’eau chaude. Brossez les compartiments ainsi que le logement, puis rincez.

Pour le filtre, posez une serviette et une bassine plate sous la trappe, dévissez lentement, laissez l’eau s’écouler, retirez les débris et rincez le filtre sous le robinet. Un passage tous les deux à trois mois suffit. Revissez-le à fond, sans quoi la fuite est assurée.

Lancez enfin un cycle à vide à 60 °C minimum, voire 90 °C si la notice l’autorise, avec quelques cuillères à soupe d’acide citrique ou de cristaux de soude directement dans le tambour. Ce lavage atteint la cuve et les tuyaux intérieurs, que le chiffon ne touche pas, et il élimine les germes qui s’y étaient installés.

Empêcher le retour de l’odeur

Le geste le plus rentable prend deux secondes : laisser le hublot et le tiroir entrouverts après chaque lessive. L’air circule, le joint sèche, et les moisissures perdent l’humidité dont elles ont besoin. Un coup de chiffon dans le pli du joint avant de refermer prolonge l’effet.

Un lavage à 60 °C par mois, avec des serviettes ou du linge de maison, entretient la cuve. Le dosage compte aussi : une lessive versée en excès laisse plus de résidus, donc plus de nourriture pour le biofilm.

Un linge mouillé oublié une nuit dans le tambour relance la prolifération.

Quand le joint est déchiré, craquelé ou noirci jusqu’au cœur du caoutchouc, le nettoyage ne suffit plus. Le remplacement se fait avec une pièce propre à la référence de la machine, inscrite sur la plaque signalétique, généralement à l’intérieur de l’encadrement de la porte ou à l’arrière de l’appareil. L’opération demande un peu de méthode (retirer le collier de maintien, repositionner les repères du joint) mais reste à la portée d’un bricoleur patient. Le fabricant et les revendeurs de pièces détachées proposent la pièce d’origine.

Une précaution s’impose si vous avez un chat ou de jeunes enfants : vérifiez toujours le tambour avant de lancer un cycle, car des animaux s’y sont déjà glissés pour dormir. Une porte entrouverte reste la meilleure protection contre le moisi, mais elle demande ce réflexe de contrôle systématique.

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