Un test de débit en câble affiche 900 Mb/s, le même test en Wi-Fi plafonne à 60. L’écart pointe presque toujours vers la liaison radio entre la box et l’appareil, pas vers la fibre ni l’opérateur. En immeuble, la première cause à examiner est un canal saturé par les box des voisins.
Un test en câble suffit à disculper l’opérateur en deux minutes.
- Un débit normal en câble et faible en Wi-Fi désigne la liaison radio entre la box et l’appareil.
- En immeuble, les box voisines saturent souvent les mêmes canaux de la bande 2,4 GHz.
- Seuls les canaux 1, 6 et 11 ne se chevauchent jamais, et changer de canal prend cinq minutes.
Ce que le test Ethernet dit vraiment
Si le débit est normal en Ethernet mais faible en Wi-Fi, la connexion jusqu’à la box n’est probablement pas responsable, et le problème se situe entre la box et l’appareil. Les interférences ne coupent pas la connexion, elles la ralentissent, d’où ce débit divisé par cinq sans la moindre panne déclarée. Le soir, la bande 2,4 GHz, celle que les appareils choisissent par défaut quand le signal faiblit, ne compte que trois canaux réellement indépendants. Elle est aussi disputée par les micro-ondes, les appareils Bluetooth et les moniteurs pour bébé.
Un autre piège brouille le diagnostic. Un débit bloqué autour de 90-95 Mb/s en Ethernet évoque une liaison limitée à 100 Mb/s, et un vieux câble Cat5 impose précisément ce plafond.
Treize canaux, trois voies utilisables
Un canal est une portion de fréquence à l’intérieur d’une bande, comme une voie d’autoroute, et la 2,4 GHz en compte treize en France. Seuls trois ne se chevauchent jamais : le 1, le 6 et le 11, combinaison retenue partout dans le monde. Les treize canaux européens en autorisent une autre, 1, 5, 9 et 13, mais les box la proposent rarement.
Deux box réglées sur les canaux 1 et 3 empiètent l’une sur l’autre et transforment mutuellement leur signal en bruit. Deux box sur le même canal, à l’inverse, parlent chacune à leur tour, et un canal partagé vaut mieux qu’un canal à moitié chevauché.
Le mode automatique inspire confiance, à tort. Les routeurs sélectionnent leur canal au démarrage et ne réévaluent pas continuellement. Dans un immeuble où vingt routeurs redémarrent le même jour après une coupure de courant, ils peuvent tous atterrir sur le même canal. Pour savoir où se pressent les voisins, une application d’analyse Wi-Fi sur smartphone suffit à repérer le canal libre parmi 1, 6 ou 11.
Changer de canal en cinq minutes
L’opération prend deux minutes et ne coûte rien.
L’interface s’ouvre dans un navigateur, à l’adresse indiquée sur l’étiquette sous le boîtier, ou depuis l’application de l’opérateur. Sur une Bbox, il faut se rendre sur mabbox.bytel.fr, ouvrir l’onglet Wifi, puis les paramètres avancés. Les autres opérateurs suivent un chemin voisin : section Wi-Fi, paramètres avancés, champ « canal ». On sort du mode automatique et on fixe le 1, le 6 ou le 11, celui que le voisinage occupe le moins.
Un second réglage mérite un coup d’œil. Sur la 2,4 GHz, la largeur de canal la plus large empiète sur les voies voisines et dégrade la stabilité de tout le voisinage, pour un gain minime. Les constructeurs divergent, mais NetSpot, éditeur d’un outil d’analyse Wi-Fi, recommande 20 MHz sur cette bande.
Reste la bande 5 GHz, souvent plus rentable que l’optimisation de la 2,4. Les canaux y sont bien plus nombreux et les collisions bien plus rares. Un piège existe néanmoins : certains canaux sont soumis à la détection radar, et une box qui en croise un doit libérer le canal, ce qui provoque des micro-coupures inexpliquées. Un canal bas, de 36 à 48, échappe à ce mécanisme DFS.
Le 6 GHz ajoute de l’espace aux appareils récents. La décision Arcep n° 2021-2184 du 14 octobre 2021 a ouvert la bande 5945-6425 MHz au Wi-Fi en France, pour un usage limité à l’intérieur des bâtiments. Elle concerne les appareils Wi-Fi 6E ou Wi-Fi 7.
Quand le canal n’est pas le coupable
Le canal ne règle que les interférences. Si le signal est faible partout, c’est l’emplacement du boîtier qu’il faut regarder : une box posée au sol, dans un meuble fermé ou derrière le téléviseur perd une bonne partie de sa portée. Un répéteur, lui, divise le débit par deux, sauf s’il réserve une bande dédiée à la liaison avec la box, et un point d’accès relié en Ethernet ou en CPL fait bien mieux.
Comparez plusieurs tests dans la pièce concernée, à différents horaires, après chaque modification.
Un site d’ingénierie relate le cas d’un utilisateur dont le débit a atteint environ 280 Mb/s après le passage du téléphone et de l’ordinateur sur le 5 GHz et le choix d’un canal moins encombré, soit trois fois plus qu’avant. Ce chiffre n’a rien d’universel : il dépend du logement, des appareils et du voisinage radio. Dans un immeuble très dense, où les trois canaux de la 2,4 GHz sont pris d’assaut, un câble Ethernet vers le poste fixe et une box bien placée pour le reste restent la configuration la plus stable.
Sources : keops-ingenierie.fr | netspotapp.com

