À retenir
  • Aucun correctif de sécurité n’a été livré à un PC sans ESU depuis le 14 octobre 2025.
  • L’ESU est gratuit dans l’Espace économique européen avec un compte Microsoft connecté tous les 60 jours.
  • Pour les particuliers, le programme ESU prend fin le 12 octobre 2027.

Un an après, ce que l’arrêt des correctifs change concrètement

Windows 10 a atteint la fin du support le 14 octobre 2025 : plus d’assistance technique, plus de mises à jour de fonctionnalités, plus de mises à jour de sécurité. Nous sommes le 14 octobre 2026, soit douze mois plus tard jour pour jour. Un PC qui n’est pas inscrit au programme ESU n’a reçu aucun correctif de sécurité pendant toute cette période.

Le PC, lui, démarre comme au premier jour.

Cette normalité apparente est le piège. Windows 10 ouvre toujours les sessions, lance le navigateur et affiche les photos de vacances. Mais chaque faille découverte depuis la fin du support y reste ouverte, sans perspective de correction. Microsoft le formule sobrement : sans mises à jour logicielles et de sécurité continues, le PC est davantage exposé aux virus et aux logiciels malveillants.

Le parc a bougé, mais pas disparu. Selon StatCounter, en septembre 2026, Windows 11 pesait 71,44 % des versions de Windows dans le monde, contre 27,82 % pour Windows 10. Un an plus tôt, Windows 10 en représentait environ 49 %.

Prudence tout de même avec ces pourcentages. StatCounter mesure une activité de navigation, pas des ordinateurs physiques ni des licences. Un poste isolé d’Internet, un automate d’atelier ou un ordinateur de laboratoire peut très bien tourner sous Windows 10 sans apparaître dans la statistique.

ESU : un sursis, avec ses conditions

Le programme ESU (Extended Security Updates) est la seule voie officielle pour continuer à recevoir des correctifs sous Windows 10. Il ne livre que les mises à jour de sécurité : pas d’autres types de correctifs, pas d’améliorations de fonctionnalités, pas de support technique. Pour les particuliers, il est ouvert à l’inscription à tout moment jusqu’à sa fin, le 12 octobre 2027. L’échéance a donc été repoussée, puisque les mises à jour devaient initialement s’arrêter en octobre 2026.

En France, comme dans le reste de l’Espace économique européen, l’accès est gratuit. Il suffit d’utiliser un compte Microsoft sur le PC et de s’y connecter au moins une fois tous les 60 jours.

Hors Europe, la formule change. Les particuliers peuvent obtenir l’ESU en se connectant avec un compte Microsoft, en dépensant 1 000 points Rewards ou en payant 30 dollars. Un détail utile pour les expatriés ou les voyageurs qui achètent un PC à l’étranger : l’exonération ne dépend pas de la marque de l’ordinateur, mais de la région de la licence.

Les entreprises n’ont aucun passe-droit.

Le tarif pour elles est de 61 dollars par appareil la première année, puis il double : 122 dollars, puis 244. Les années sont cumulatives, donc pour être couvert à partir du 14 octobre 2026, il faut acheter l’année 1 et l’année 2, soit 183 dollars par poste. L’offre grand public est interdite dans ce cadre : elle ne peut pas servir dans des scénarios commerciaux et n’est pas proposée aux postes joints à un domaine ou inscrits dans un outil de gestion MDM. Une TPE qui utilise un Windows 10 Pro pour sa comptabilité relève donc de l’ESU entreprise, pas du gratuit.

Que faire d’un PC resté sans protection

Première bonne nouvelle : rien n’est perdu. Microsoft indique qu’on peut s’inscrire au programme ESU grand public à tout moment avant sa fin, mais avant l’inscription, les appareils restent davantage exposés aux virus et aux logiciels malveillants. Chaque semaine d’attente est donc une semaine de risque pour rien, surtout si le PC sert aux démarches en ligne ou à la banque.

Premier réflexe : sauvegarder ses données.

Ensuite, le choix dépend de l’âge de la machine. Si elle est compatible (la puce de sécurité TPM 2.0 est la condition qui bloque le plus souvent), le passage à Windows 11 est gratuit. Un PC trop ancien peut basculer sur une distribution Linux comme Ubuntu ou Mint, qui redonne de la vigueur à du matériel fatigué, ou être remplacé. L’ESU reste la solution d’attente pour ceux qui ont besoin de Windows et ne peuvent pas changer de machine tout de suite.

Reste la tentation de s’en remettre à l’antivirus. Les constructeurs, Samsung en tête, recommandent d’utiliser un antivirus à jour pour limiter le risque d’infection après la fin de la prise en charge. C’est une barrière supplémentaire, pas un substitut : un antivirus filtre les menaces connues, mais ne ferme aucune faille du système lui-même.

Dernier point à noter dans son agenda : le 12 octobre 2027. Cette date, annoncée par Microsoft, marque la fin du programme ESU pour les particuliers, et aucun nouveau sursis n’a été promis à ce jour. Le gratuit de 2026 a déjà été prolongé une fois, mais mieux vaut préparer la migration que parier sur une seconde extension.

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