Six jours. C’est le délai qui sépare de la dernière vague de coupure du réseau 2G d’Orange. La 2G Orange s’arrête totalement sur le territoire métropolitain le 20 octobre 2026. Les médaillons et boîtiers de téléassistance qui ne fonctionnent qu’avec une carte SIM 2G ne transmettront plus aucune alerte.
Le voyant, lui, peut rester allumé normalement.
- La 2G d’Orange s’éteint totalement en métropole le 20 octobre 2026.
- Un médaillon de téléassistance équipé d’une SIM 2G devient muet sans prévenir.
- Le test d’appel reste le seul moyen fiable de vérifier qu’un boîtier fonctionne encore.
Le 20 octobre, dernière marche d’un calendrier en trois temps
La généralisation a repris à Nice le 22 septembre, puis dans 44 départements le 6 octobre. Reste la dernière vague, celle du 20 octobre, qui touche les 43 départements restants. Free est concerné aux mêmes dates, car il s’appuie sur le réseau 2G d’Orange.
Cette dernière vague englobe la Gironde, la Charente-Maritime et le Puy-de-Dôme. Elle couvre aussi l’ensemble de l’Auvergne, la région lyonnaise, la Normandie, les Hauts-de-France et Paris. Pour un abonné de Paris, la date qui compte est le 20 octobre, alors qu’à Marseille, Rennes ou Strasbourg c’était le 6. Les zones blanches réglementaires font exception : les clients Orange n’y auront plus accès à la 2G entre le 1er et le 15 décembre 2026.
Une panne qui ne prévient personne
Le chiffre donne le vertige. À fin mars 2026, 4,5 millions de cartes SIM étaient encore uniquement 2G ou 3G/2G : la moitié dans des téléphones, l’autre moitié dans des objets connectés invisibles. Cela représente à peu près la population de la Norvège, répartie dans des tiroirs, des cages d’ascenseur et des tableaux électriques.
Le mécanisme est sournois. Un médaillon de téléassistance ou un transmetteur d’alarme équipé d’une unique SIM 2G ne bascule pas de lui-même sur un autre réseau : il devient muet, et personne n’est prévenu. La communauté d’Orange le rappelle à ses clients : la SIM peut se trouver dans un bracelet ou un médaillon d’urgence, un système d’alarme, ou un équipement domotique comme un portail ou un chauffage.
Le test d’appel reste le seul contrôle fiable.
Les volumes en jeu dépassent le cercle des seniors. Environ 200 000 dispositifs d’alerte médicale reposaient encore sur la 2G en septembre 2026, selon JeChange. Côté ascenseurs, un comparateur évoque 232 000 systèmes de téléalarme en 2G et 58 000 en 3G à remplacer, soit près de la moitié du parc français. Ce chiffre est un ordre de grandeur plus qu’un recensement officiel, mais il suffit à mesurer l’ampleur du chantier. Les alarmes anti-intrusion et la télésurveillance reposent d’ailleurs sur le même principe.
Que faire avant mardi pour un proche équipé
Première démarche : identifier qui a installé le boîtier. Le prestataire de téléassistance, souvent rattaché au département, à une mutuelle ou à une association, sait quelle génération de réseau son matériel utilise. Un courrier, un e-mail ou un SMS d’Orange recommandant de passer à un mobile compatible 4G ou 5G peut aussi servir de signal d’alerte, même si le client ne possède pas de téléphone ancien.
Deuxième réflexe : déclencher un appel depuis le médaillon ou le bracelet. Un boîtier qui répond aujourd’hui peut basculer en silence le jour de la coupure dans son département. Il vaut donc mieux refaire le test après la date locale, soit après le 6 ou le 20 octobre, et vérifier que les tests automatiques périodiques remontent bien au centre d’écoute.
Une réponse positive le jour J ne vaut pas garantie sur la durée, puisque la coupure s’effectue département par département et que les zones blanches gardent la 2G jusqu’en décembre. Si le prestataire annonce un remplacement, mieux vaut en fixer la date par écrit et demander ce qui protège la personne dans l’intervalle, par exemple un téléphone fixe à portée de main et un voisin prévenu.
Le téléphone lui-même mérite un coup d’œil. Un mobile qui n’affiche que 2G, E, EDGE ou GSM sera inutilisable à partir de cette date. Attention toutefois : afficher la 4G ne suffit pas toujours, car certains appareils ne gèrent la voix que par la 2G ou la 3G.
Après Orange, SFR et Bouygues Telecom
Ne pas être dans la dernière vague d’Orange ne met pas à l’abri. D’après l’Arcep, SFR a fixé l’arrêt de sa 2G au 15 novembre 2026, et Bouygues Telecom procédera à sa généralisation du 1er au 15 décembre 2026. Un boîtier installé chez un autre opérateur n’échappe donc pas au problème, il bénéficie simplement de quelques semaines de sursis.
La 3G suivra : en 2028 chez Orange et fin 2028 chez SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom. Un équipement remplacé aujourd’hui par un modèle uniquement 3G devrait donc être changé une nouvelle fois dans deux ans. À Mayotte, la 2G s’arrêtera fin 2026.
Source : lemondededemain.fr

