Le 15 octobre 2026, OpenAI a annoncé que son extension Chrome pouvait désormais regarder l’ensemble des onglets ouverts, en prendre le contrôle pour exécuter des tâches, et même les organiser en groupes. Deux modes coexistent: Chat lit, Work agit. Et comme l’extension s’installe dans votre navigateur habituel, l’onglet de votre banque entre dans son champ d’action au même titre que votre messagerie.

Sept millions d’utilisateurs, selon la fiche du Chrome Web Store, sont concernés.

À retenir
  • L’extension peut lire et contrôler l’ensemble des onglets ouverts dans Chrome.
  • Elle utilise vos sessions déjà connectées, banque et messagerie comprises.
  • Par défaut, ChatGPT demande une autorisation avant chaque nouveau site.

Du simple chat au pilotage des pages

Le changement de stratégie est net. En mars 2026, OpenAI annonçait vouloir fusionner Atlas, l’application de bureau ChatGPT et l’outil de programmation Codex en une seule application, puis a déprécié Atlas en juillet. Le navigateur a cessé de fonctionner le 9 août. L’entreprise a donc déplacé ses ambitions vers le navigateur que la majorité des gens utilisent déjà.

Concrètement, on cible les onglets ouverts avec la commande @chrome, et le mode Chat récupère des informations dans plusieurs onglets à la fois. Le mode Work, lui, contrôle les onglets via Computer Use pour envoyer des messages, remplir des formulaires, télécharger des fichiers ou regrouper des onglets. Un pilotage comparable à la navigation automatique que Google propose avec Gemini. La différence tient surtout à l’écosystème: ici, tout part de l’application ChatGPT.

L’historique complet des conversations s’affiche aussi dans la barre latérale, à côté de la page consultée. Selon The Decoder, l’extension est ouverte à tous les abonnements ChatGPT.

Les démonstrations d’OpenAI restent très domestiques. L’extension compare des produits entre onglets selon la taille, la matière, le délai de livraison et les conditions de retour, ou rapproche les pages de prix de plusieurs vendeurs. Autre exemple cité: récupérer les informations d’un document préparatoire pour remplir un formulaire d’inscription, en s’arrêtant avant l’envoi. Aucune de ces démonstrations ne montre un virement.

Votre session, ses droits

Le point sensible tient à un détail technique. Choisir @chrome relie ChatGPT à votre profil de navigation habituel, avec ses cookies, ses extensions et ses sessions déjà ouvertes. OpenAI explique dans son guide que ChatGPT peut lire ou agir sur les sites où vous êtes déjà connecté, comme Gmail, LinkedIn ou Salesforce. Votre espace bancaire, s’il est ouvert dans un onglet, relève de la même logique. L’assistant hérite des droits de tous les comptes que vous avez laissés connectés.

La liste des autorisations demandées donne la mesure. Elle inclut l’accès au débogueur des pages, la lecture et la modification des données sur tous les sites, la gestion des téléchargements et des favoris. L’extension peut aussi communiquer avec des applications natives et gérer les groupes d’onglets.

La fiche du Chrome Web Store mentionne explicitement les informations financières et de paiement.

OpenAI apporte quelques garanties. Ces données ne sont pas vendues à des tiers ni utilisées pour des décisions de solvabilité. D’après la documentation, aucun enregistrement séparé et complet de vos actions de navigation n’est conservé: l’activité n’est stockée que si elle entre dans le contexte de la conversation, sous forme de texte lu, de captures d’écran ou de résumés. Vos réglages de données habituels s’appliquent.

Le risque des instructions cachées

Les agents qui naviguent ont une faiblesse documentée. Des chercheurs en sécurité préviennent qu’ils peuvent être manipulés par des instructions dissimulées dans une page web, conçues pour les pousser à des actions non voulues. Un texte invisible pour vous, mais lisible par la machine, peut suffire. Le danger grandit quand l’agent circule entre un site inconnu et un compte sensible, ce que le mode Work permet précisément.

Sur les forums de développeurs, l’accueil est mitigé. Une partie des réactions souligne que Claude, Gemini et Codex proposent déjà un accès aux onglets depuis des mois, et s’inquiète d’un agent qui lit des onglets connectés, bancaires ou de messagerie. Le résumé de daily.dev classe 45 % des réactions comme sceptiques, contre 20 % de positives.

Garder la main, réglage par réglage

L’installation passe par l’application de bureau: Réglages, puis Computer Use, installation de l’extension pour votre navigateur, et appel par @ dans une conversation Work ou Codex. Par défaut, ChatGPT demande l’autorisation avant chaque nouveau site: une fois, pour ce site, pour tous les sites, ou refus. L’accès à l’historique de navigation est demandé à chaque usage, sans permission permanente. Retirer un site de la liste d’autorisations oblige ChatGPT à redemander avant d’y retourner.

La prudence se résume en trois gestes. Commencer par le mode Chat, en lecture seule, sur quelques onglets de recherche. N’utiliser Work que pour des tâches qui s’arrêtent avant une action irréversible, comme dans l’exemple du formulaire. Et garder fermés, ou bloqués, les onglets de paiement, de messagerie et d’administration pendant que l’agent travaille.

Un point reste flou côté disponibilité. L’extension fonctionne avec Chrome, Edge, Brave, Opera et Vivaldi depuis l’application de bureau, mais le Side Chat n’existe pas sur Opera. Selon Yiaho, OpenAI n’a pas précisé quels abonnements ni quels pays y ont accès, alors que d’autres médias évoquent un déploiement à tous les plans. Vérifiez donc l’accès dans votre propre application avant de planifier quoi que ce soit.

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