Un boîtier qui bombe, des angles qui ne se referment plus : c’est ce détail qui pousse un pompier à dire « jette-la tout de suite » devant une batterie externe. Même si elle recharge encore le téléphone sans broncher. Le phénomène vient de l’intérieur : avec le vieillissement, les réactions chimiques d’une batterie lithium-ion ne s’achèvent plus complètement et produisent des gaz qui la font gonfler.
- Une batterie gonflée produit des gaz issus de réactions chimiques incomplètes et risque l’emballement thermique si elle est endommagée ou chauffée
- Il faut débrancher immédiatement une batterie gonflée, ne pas la charger, ne pas l’ouvrir et la porter dans un centre de recyclage spécialisé
- Des marques réputées comme Anker et Casely ont rappelé des centaines de milliers de batteries après des incendies ou explosions documentés
Pourquoi un boîtier bombé met les pompiers en alerte
Gonflée ne veut pas dire sur le point de prendre feu.
Le danger réel apparaît quand l’enveloppe est percée, écrasée, fortement pliée ou chauffée, ou quand la charge est anormale. Une cellule abîmée peut alors chauffer très vite, par emballement thermique, une réaction qui s’entretient d’elle-même. Un power bank gonflé qui reste en service peut se rompre ou s’enflammer, surtout pendant la charge. Et l’incendie d’une batterie lithium-ion s’accompagne d’émissions toxiques, dont du fluorure d’hydrogène et du monoxyde de carbone.
Les causes sont multiples : l’usure, mais aussi des défauts de fabrication qui abîment les membranes séparant les couches internes. Une chute ou un perçage peuvent suffire à compromettre la structure et provoquer des courts-circuits. Une batterie laissée l’été sur la plage arrière d’une voiture subit en plus des températures élevées, qui peuvent la faire gonfler ou fuir.
Une batterie gonflée ne se répare pas.
Les gestes à adopter, dans l’ordre
On commence par débrancher la batterie, et on évite de la charger ou de s’en servir. Il ne faut ni la presser, ni tenter de la dégonfler. Ouvrir le boîtier est tout aussi déconseillé : percer la membrane peut projeter des fumées toxiques. Si elle est chaude ou gonflée, on ne la touche pas à mains nues et on la place dans un contenant non conducteur.
La poubelle ménagère est exclue. Ces appareils se remettent à un centre de recyclage spécialisé ou à un revendeur de batteries au lithium. Les organismes de réglementation classent les batteries au lithium gonflées parmi les déchets dangereux.
Un coup d’œil avant chaque usage suffit à repérer un gonflement, un boîtier déformé, des fissures ou des traces de corrosion sur les bornes. Les conseils habituels : éviter les températures élevées et utiliser un chargeur adapté. Pour les modèles lithium-polymère, un comparatif recommande un remplacement après deux à trois ans d’usage intensif.
Les rappels de produits, un signal à surveiller
Aux États-Unis, le rappel d’environ 429 200 batteries Casely a été réannoncé le 16 avril 2026, soit davantage que la population de Nice, après deux incidents dont l’un a entraîné la mort d’une femme. Plus récemment, le rappel des batteries NEWDERY date du 24 septembre 2026, avec neuf signalements d’explosion ou d’incendie, dont un sinistre à 2 millions de dollars de dégâts matériels.
Les grandes marques ne sont pas épargnées : plus de 400 000 batteries Anker ont été rappelées en septembre 2025, après 33 signalements d’incendie ou d’explosion. Le numéro de modèle figure sur le boîtier, imprimé à l’arrière chez Belkin, par exemple, ce qui permet de vérifier si la sienne est concernée. En France, le site gouvernemental RappelConso centralise ces avis. Reste à comparer le numéro relevé avec celui de l’avis de rappel.
Le détecteur de fumée, dernier maillon de la chaîne
Depuis 2015, tout logement doit avoir au moins un détecteur autonome avertisseur de fumée, conforme à la norme NF EN 14604. Le propriétaire l’installe, le locataire s’occupe du test et de la pile. Les sapeurs-pompiers recommandent un détecteur tous les 50 m² et un par étage, une bonne pratique et non une obligation.
Un test mensuel permet de vérifier que l’alarme retentit.
Le détecteur de monoxyde de carbone n’est pas obligatoire, mais il est recommandé dès qu’un appareil à combustion est présent. Il ne remplace pas le détecteur de fumée : le premier repère un incendie, le second un gaz inodore issu d’une combustion défectueuse.
Sources : anker.com | mega-force.fr

