Une purge réussie fait chuter la pression du circuit, et c’est normal : l’air chassé et l’eau perdue laissent un vide que la chaudière ne comble pas seule. Le manomètre doit ensuite revenir entre 1 et 1,5 bar, à froid. Sous 0,8 bar environ, beaucoup de chaudières se mettent en sécurité et refusent de démarrer.

Début octobre, c’est le bon moment pour s’en occuper.

À retenir
  • L’air emprisonné dans les radiateurs réduit la circulation de l’eau chaude et favorise la corrosion du circuit.
  • La purge s’effectue radiateur par radiateur en tournant le purgeur d’un quart de tour jusqu’à l’apparition d’un filet d’eau continu.
  • La pression du circuit doit atteindre 1 à 1,5 bar à froid via le robinet de remplissage situé sous la chaudière.

L’air dans les tuyaux, un défaut qui se paie en chauffage

Pendant l’été, le circuit reste à l’arrêt et de l’air s’y glisse, par les micro-fuites des purgeurs automatiques ou par l’eau elle-même, qui en contient en solution. Quand le chauffage redémarre, les bulles montent et se logent en haut des radiateurs. Résultat : le bas chauffe, le haut reste tiède, et l’eau chaude circule mal. L’oxygène piégé favorise aussi la corrosion et la formation de boues dans le circuit.

Le test tient en une main posée sur le radiateur, quelques minutes après la remise en route. Un appareil chaud en bas et tiède en haut cache presque toujours une poche d’air, tout comme les gargouillis ou les petits claquements dans les tuyaux.

Purger, geste par geste

Il faut d’abord couper le chauffage et attendre une à deux heures, car l’eau du circuit peut atteindre plusieurs dizaines de degrés et le jet brûle. Prévoyez une clé de purgeur (vendue quelques euros en quincaillerie), un petit récipient et un chiffon. La tournée commence par l’étage le plus bas, puis remonte.

Sur chaque radiateur, le purgeur se trouve en haut d’un des côtés, sous la forme d’une petite vis centrale. Tournez-la d’un quart de tour dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, le récipient dessous. L’air s’échappe en sifflant. Dès qu’un filet d’eau continu apparaît, refermez à la main, sans forcer, car le laiton du purgeur se déforme facilement.

Chaque radiateur demande en général moins d’une minute.

Remonter la pression sans dépasser 1,5 bar

Après la tournée, le manomètre a baissé, parfois sous 1 bar. Il se situe en façade de la chaudière, avec un cadran dont la zone verte indique la plage normale. Le remplissage se fait par le robinet de la boucle de remplissage, un flexible qui relie le circuit à l’eau du réseau, souvent placé sous la chaudière.

Ouvrez-le très progressivement, les yeux sur l’aiguille, et refermez dès que vous atteignez 1,5 bar. La pression grimpe d’environ 0,5 bar quand l’eau chauffe, d’où cette marge à froid.

Au-delà de 3 bars, la soupape de sécurité se met à goutter.

L’eau fraîche apporte elle-même un peu d’air dissous. Une fois le chauffage relancé et les radiateurs tièdes, repassez sur ceux qui gargouillent encore, puis revérifiez le manomètre le lendemain matin. Si l’aiguille est retombée sous 1 bar, un second appoint suffit généralement, à condition de s’arrêter à 1,5 bar à froid.

Quand la pression retombe d’elle-même

Une pression qui perd plus de 0,2 ou 0,3 bar en quelques jours signale un problème. La cause la plus fréquente est une fuite lente, souvent à un raccord de radiateur, ou un vase d’expansion dont la pression de gonflage (autour de 1 bar) n’est plus bonne. Ce diagnostic relève du chauffagiste, tout comme l’entretien annuel de la chaudière à gaz ou au fioul, obligatoire par la réglementation.

La purge ne concerne que les radiateurs à eau. Les modèles électriques n’ont pas de purgeur, et en chauffage collectif, la pression du circuit principal est gérée par le gestionnaire de l’immeuble : le locataire ou le copropriétaire se contente de purger ses propres radiateurs. Un plancher chauffant, lui, se purge depuis le collecteur, avec un matériel que mieux vaut laisser à un professionnel.

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