À partir du mardi 24 novembre 2026, le DNS 9.9.9.9 de Quad9 ne sera plus disponible dans l’Hexagone, avec ou sans filtrage. Si cette adresse figure dans votre box, votre ordinateur ou votre navigateur, il faut la remplacer avant cette date.
Trente jours pour changer ses réglages.
Quad9 est une fondation suisse sans but lucratif, qui a publié son annonce le 22 octobre. Le billet s’intitule « Ce n’est qu’un au revoir, la France ». Les services de résolution DNS et de cyberprotection deviendront indisponibles pour les utilisateurs situés en France, qu’ils soient particuliers, entreprises ou organismes publics ayant réglé leurs équipements à la main sur ce service.
- Le DNS 9.9.9.9 de Quad9 cessera d’être disponible en France le 24 novembre 2026.
- La fondation suisse Quad9 refuse de bloquer des noms de domaine diffusant des matchs pirates, malgré une astreinte de 1 000 euros par jour.
- Le retrait concerne uniquement la France : le service reste accessible à l’étranger.
- Les utilisateurs doivent vérifier leurs box, appareils et navigateurs, puis revenir au DNS de leur fournisseur ou choisir une alternative.
Une astreinte de 1 000 euros par jour, et un refus net
Tout commence le 13 mai 2026. Le président du tribunal judiciaire de Paris, en référé, ordonne à Quad9 de bloquer depuis la France six noms de domaine qui diffusaient des matchs du circuit WTA en IPTV pirate, et des services similaires non identifiés, jusqu’à la dernière rencontre, le 14 novembre. Le plaignant est la chaîne beIN Sports.
Quad9 a fait appel, sans effet immédiat. Pour le juge, l’appel ne suspend rien puisque la décision de mai est exécutoire de plein droit, et les propositions de la fondation, dont un accord sous l’égide de l’Arcom pour fixer les modalités techniques et partager les coûts, ne pèsent rien face à une décision à exécuter. Le 21 octobre, le tribunal a fixé une astreinte de 1 000 euros par jour tant que les sites ne sont pas bloqués. La liste visée serait passée de six à cinquante-huit noms de domaine, d’après un compte rendu relayé par un cabinet d’avocats.
Plafond théorique : 24 000 euros, jusqu’au 14 novembre.
Pourquoi partir pour une somme aussi modeste ? Quad9 explique ne disposer d’aucune liste d’utilisateurs et juge la géolocalisation par adresse IP trop peu fiable, un filtre que Sony Music avait déjà contourné avec un VPN en Allemagne. Limiter le blocage aux seuls internautes français n’est donc pas réalisable à ses yeux.
La fondation défend aussi une question de principe : elle refuse de modifier les réponses DNS qu’elle renvoie. Pour elle, le blocage par résolveur ne sert pas à grand-chose, puisque les contenus restent en ligne et qu’il suffit de changer de DNS pour y accéder. Elle redoute en outre une vingtaine d’autres procédures, ce qui explique qu’elle préfère un retrait net à une concession qui ferait jurisprudence.
Qui est touché, et ce qui se passe le 24 novembre
Le départ ne concerne pas que les particuliers soucieux de leur vie privée. Quad9 cite, parmi les réseaux français qui passent par son service, la DINUM, France Travail, RENATER, l’Institut Pasteur, EDF, la SNCF, l’AP-HM ou France Télévisions, un échantillon choisi au hasard.
Le DNS traduit le nom d’un site en adresse réseau, comme un annuaire téléphonique pour Internet. Si le résolveur choisi ne répond plus, une connexion peut paraître en panne alors que la liaison avec le fournisseur d’accès fonctionne encore. Pages web, applications, messagerie : tout ce qui s’appuie sur un nom de domaine peut donner l’impression de ne plus marcher du jour au lendemain.
Quad9 n’a pas encore expliqué comment la coupure sera mise en œuvre.
Le retrait concerne la France uniquement : il ne signifie ni l’arrêt mondial de Quad9 ni la fermeture des sites auxquels ses utilisateurs accèdent. Hors de l’Hexagone, le service continue donc de fonctionner normalement, ce qui vaut aussi pour les Français en déplacement à l’étranger, dont la connexion est vue comme étrangère.
Vérifier, puis changer : la marche à suivre
Première étape : retrouver où vous avez saisi l’adresse. Les repères de la configuration IPv4 habituelle sont 9.9.9.9 et 149.112.112.112. Il faut fouiller les paramètres réseau de l’ordinateur ou du téléphone, l’interface de la box ou du routeur, les applications de VPN ou de blocage de publicités, et le réglage de DNS chiffré du navigateur, qui pointe parfois vers Quad9 sans qu’on s’en souvienne. Sur un foyer rempli d’appareils, modifier le routeur évite de passer machine par machine.
Pour garder un filtrage contre les sites de malware et d’hameçonnage, Cloudflare propose un équivalent filtré sur 1.1.1.2, et DNS4EU comme AdGuard DNS font un travail comparable. Contrepartie à connaître : tous appliquent les décisions de justice françaises. FDN figure aussi parmi les pistes de remplacement citées par la presse spécialisée.
Si vous n’aviez aucune raison précise d’avoir choisi Quad9, le plus simple consiste à revenir au DNS automatique de votre fournisseur d’accès. Il suffit de repasser l’option sur automatique, puis d’effacer les anciennes adresses saisies à la main.
Dernier réflexe : après la modification, ouvrez deux ou trois sites que vous ne visitez jamais pour vérifier que la résolution fonctionne, car les pages déjà en cache dans le navigateur peuvent masquer un DNS défaillant. Sur une entreprise ou une association, la vérification porte aussi sur le pare-feu, les serveurs et les paramètres distribués aux postes, là où une adresse 9.9.9.9 oubliée peut sommeiller.
Ce qui peut encore bouger
La procédure n’est pas close. Quad9 a fait appel, et la décision de mai reste exécutoire en attendant. Le titre choisi pour le billet d’annonce laisse entendre que le départ n’est pas forcément définitif.
Le calendrier intrigue : l’astreinte court jusqu’au 14 novembre, dernière rencontre visée, alors que la coupure intervient dix jours plus tard. Ce décalage montre que le retrait relève moins d’une affaire de tennis que d’une position de principe sur le blocage par résolveur.
Sources : x.com | kohenavocats.fr

